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L’extrait de thé vert expliqué : bienfaits de l’EGCG, risques et posologie

Flacon d’extrait de thé vert à côté d’une tasse de thé vert et de feuilles en vrac sur un plateau en bois
L’extrait de thé vert et le thé infusé proviennent de la même plante, mais les compléments concentrés peuvent entraîner une exposition à l’EGCG bien plus élevée et des enjeux de sécurité très différents.

Résumé

L’extrait de thé vert est un complément concentré de Camellia sinensis, recherché surtout pour ses catéchines, en particulier l’EGCG, et de nombreux produits contiennent aussi de la caféine. Les données humaines les plus solides montrent des réductions modestes du cholestérol total et du cholestérol LDL, avec des effets complémentaires plus faibles sur la pression artérielle et peut-être la composition corporelle.

Les allégations d’effet brûle-graisses spectaculaire, de contrôle généralisé de la glycémie ou de prévention du cancer vont au-delà des données actuelles. La principale préoccupation pratique est la sécurité : les extraits oraux concentrés ne sont pas équivalents au thé vert infusé, la teneur en EGCG varie fortement selon les produits, et les compléments à doses plus élevées ont été liés à des atteintes hépatiques rares mais réelles.

Niveau de preuve scientifique : Modérée Préliminaire

En bref

À quoi sert-il ?

Les données les plus solides concernent une baisse modeste du cholestérol total et du cholestérol LDL. De plus petits bénéfices complémentaires sont possibles pour la pression artérielle et la composition corporelle.

Types de compléments

Les produits existent sous forme de gélules, comprimés, poudres, liquides, boissons et extraits standardisés en catéchines ou en EGCG.

Interactions

Il peut augmenter l’exposition à la caféine dans les mélanges stimulants multi-ingrédients, et il a été signalé qu’il réduisait l’exposition à plusieurs médicaments, dont le nadolol, l’atorvastatine, le raloxifène, la digoxine et la rosuvastatine.

Effets secondaires

Les effets rapportés comprennent des nausées, des maux d’estomac ou un inconfort abdominal, la constipation, la nervosité, des troubles du sommeil et, plus rarement, une atteinte hépatique.

Autres bénéfices possibles

De petits bénéfices complémentaires sont possibles pour la pression artérielle et la composition corporelle. Les résultats sur le contrôle de la glycémie sont contrastés et semblent plus prometteurs chez les personnes ayant un diabète de type 2 diagnostiqué que dans des groupes plus larges à risque.

Statut réglementaire

L’UE limite les aliments contenant de l’extrait de thé vert à moins de 800 mg d’EGCG par portion quotidienne et impose des avertissements précis. Aux États-Unis, les compléments oraux ne sont pas approuvés par la FDA pour leur efficacité avant leur commercialisation.

Ce que l’on sait déjà

Ce que c’est. L’extrait de thé vert est un concentré riche en catéchines issu de Camellia sinensis, et non un composé isolé unique. L’EGCG est la catéchine la plus connue, mais l’EGC, l’ECG et l’EC y contribuent aussi, et de nombreux produits contiennent de la caféine, qui peut influencer la vigilance, la thermogenèse et la tolérance. La recherche moderne sur les compléments se concentre donc sur des préparations mixtes de catéchines plutôt que sur un ingrédient parfaitement uniforme. NCCIH — Thé vert; Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert.

Ce que les données indiquent. Chez l’humain, les résultats les mieux établis sont des réductions modestes du cholestérol total et du cholestérol LDL, avec des diminutions moyennes plus faibles de la pression artérielle. Les données sur la composition corporelle sont moins solides : certaines méta-analyses montrent de très petites améliorations, tandis que des revues plus anciennes et de meilleure qualité ont trouvé peu d’effet pertinent sur la perte de poids ou le maintien du poids. Les résultats sur le contrôle de la glycémie sont contrastés et semblent plus encourageants chez les personnes ayant un diabète de type 2 diagnostiqué que dans des groupes plus larges à risque, tandis que les allégations de prévention du cancer restent non prouvées. Nutrition Journal 2020 — Méta-analyse sur les lipides; PubMed 2025 — Méta-analyse sur la pression artérielle; Revue Cochrane — Thé vert pour la perte de poids; PMC 2024 — Méta-analyse sur le diabète de type 2; Revue Cochrane — Thé vert pour la prévention du cancer.

Pourquoi la sécurité est importante. Du point de vue de la sécurité, les extraits oraux concentrés n’ont pas le même profil de sécurité que le thé infusé ordinaire. La principale préoccupation pratique est une atteinte hépatique peu fréquente mais bien réelle, surtout avec les gélules ou comprimés riches en catéchines, et les autorités européennes considèrent désormais la dose d’EGCG comme le principal repère de sécurité. Comme les produits commerciaux varient aussi fortement par leur teneur en EGCG et en caféine, la dose, la formulation et la vérification des interactions sont des éléments essentiels de toute discussion fondée sur les preuves. Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert; Règlement 2022/2340 (EUR-Lex) — Règles relatives à l’extrait de thé vert; LiverTox — Thé vert; USDA ODS DSID — Compléments de thé vert.

Résumé des études scientifiques pertinentes

Baisse modeste du cholestérol — Nutrition Journal 2020

Dans 31 essais randomisés portant sur 3 216 participants, le thé vert a réduit le cholestérol total d’environ 7,2 mg/dL et le cholestérol LDL d’environ 2,2 mg/dL, tandis que les effets sur le HDL et les triglycérides n’étaient pas clairement significatifs. C’est l’un des bénéfices chez l’humain les mieux étayés, mais l’ampleur de l’effet reste modeste. Nutrition Journal 2020 — Méta-analyse sur les lipides.

Les effets sur la perte de poids sont faibles — Revue Cochrane

Dans les études sur la perte de poids et le maintien du poids chez des adultes en surpoids ou obèses, Cochrane n’a trouvé qu’un effet très faible, non significatif sur le plan statistique, et aucun bénéfice pour maintenir le poids perdu. Les effets indésirables étaient généralement légers à modérés. Revue Cochrane — Thé vert pour la perte de poids.

Le signal sur la composition corporelle reste limité — British Journal of Nutrition 2024

Une méta-analyse dose-réponse de 46 essais randomisés a trouvé de petites réductions de l’IMC et du pourcentage de masse grasse, mais pas de changement global significatif du tour de taille ni de la masse grasse. Les auteurs ont décrit ces bénéfices comme cliniquement faibles. British Journal of Nutrition 2024 — Méta-analyse sur la composition corporelle.

L’effet sur la pression artérielle est complémentaire — PubMed 2025

Dans 36 essais contrôlés randomisés, la supplémentation en thé vert a été associée à des réductions moyennes de la pression artérielle systolique et diastolique d’un peu plus de 1 mmHg. Les auteurs ont conclu qu’il fallait y voir une stratégie complémentaire plutôt qu’une approche principale. PubMed 2025 — Méta-analyse sur la pression artérielle.

Le contrôle glycémique dépend de la population — PubMed 2013 et PMC 2024

Une méta-analyse plus ancienne chez des adultes à risque de diabète de type 2 n’a trouvé aucune amélioration significative de la glycémie à jeun, de l’insuline, de l’HbA1c ou de la résistance à l’insuline. Une méta-analyse plus récente chez des personnes ayant un diabète de type 2 diagnostiqué a suggéré des améliorations de la glycémie à jeun, de l’HbA1c et de la résistance à l’insuline, ce qui rend les données contrastées plutôt que largement établies. PubMed 2013 — Méta-analyse sur le contrôle glycémique; PMC 2024 — Méta-analyse sur le diabète de type 2.

La sécurité dépend surtout de la dose et de la forme de l’extrait — EFSA, LiverTox et revues de sécurité

L’EFSA a conclu que des apports de 800 mg d’EGCG/jour ou plus provenant de compléments peuvent augmenter significativement les transaminases sériques, tandis que LiverTox décrit l’extrait de thé vert comme une cause bien établie d’atteinte hépatique cliniquement apparente. Les revues de sécurité notent aussi que ce tableau est surtout lié aux gélules et comprimés concentrés plutôt qu’à la consommation normale de thé. Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert; LiverTox — Thé vert; PubMed 2018 — Revue systématique sur la sécurité.

Croyances, mythes et affirmations non prouvées

Mythe : c’est un brûle-graisses prouvé

Les données ne soutiennent pas l’affirmation marketing selon laquelle l’extrait de thé vert serait un complément brûle-graisses à fort impact. Les revues montrent que tout effet moyen sur le poids ou la masse grasse est généralement très faible, parfois statistiquement incertain, et souvent trop modeste pour avoir beaucoup d’importance en pratique. Cochrane Review — Green Tea for Weight Loss; British Journal of Nutrition 2024 — Body Composition Meta-analysis.

Mythe : si le thé est sans danger, l’extrait doit l’être tout autant

Le thé vert infusé ordinaire et l’extrait oral concentré ne sont pas interchangeables sur le plan de la sécurité. Les revues distinguent à plusieurs reprises les gélules et comprimés riches en catéchines à forte dose de la consommation de thé, le risque hépatique apparaissant surtout avec la forme concentrée en complément. PubMed 2018 — Systematic Safety Review; LiverTox — Green Tea.

Mythe : plus il y a de mg d’extrait, plus le produit est fort

La quantité d’extrait affichée sur la face avant de l’étiquette renseigne mal sur l’exposition réelle. Des analyses américaines ont trouvé une grande variabilité dans l’EGCG mesurée, les catéchines totales et la caféine, si bien que des produits qui se ressemblent peuvent délivrer des doses réelles et des charges en stimulants très différentes. USDA ODS DSID — Compléments de thé vert.

Mythe : l’extrait de thé vert est prouvé pour prévenir le cancer

Les données cliniques actuelles ne justifient pas de présenter l’extrait oral de thé vert comme un complément anticancer prouvé. De grandes revues ont trouvé des signaux observationnels incohérents et des données d’essais insuffisantes pour tirer des conclusions préventives fiables. Revue Cochrane — Thé vert pour la prévention du cancer; NCCIH — Thé vert.


Personne vérifiant l’étiquette d’un flacon de complément d’extrait de thé vert à côté d’eau et de notes
La quantité d’extrait indiquée en face avant dit souvent peu de chose sur la teneur réelle en EGCG, en catéchines et en caféine, ce qui rend le tableau d’informations du complément (« Supplement Facts ») plus utile que les allégations marketing.

Observations détaillées de la recherche

Ce qu’est réellement ce complément, et pourquoi les étiquettes peuvent induire en erreur

L’extrait de thé vert est une préparation concentrée issue de Camellia sinensis, la même plante que celle utilisée pour préparer le thé vert infusé. Sa réputation santé repose surtout sur les catéchines, en particulier l’EGCG, mais les produits réels sont des mélanges pouvant aussi contenir d’autres catéchines comme l’EGC, l’ECG et l’EC, ainsi que des quantités variables de caféine. C’est important, car le marketing présente souvent cet ingrédient comme s’il s’agissait d’un composé unique standardisé aux effets prévisibles, alors qu’en pratique la catégorie des compléments est bien moins uniforme que cela. NCCIH — Thé vert; Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert.

Les analyses américaines sur les compléments rendent cette variabilité très concrète. Dans 32 produits américains à ingrédient unique, la quantité de matière de thé vert indiquée allait de 300 à 6 000 mg/jour, mais l’EGCG mesurée allait de 2 à 630 mg/jour, les catéchines totales de 4,2 à 1 070 mg/jour, et la caféine de 0,25 à 130 mg/jour. En pratique, le chiffre de l’extrait affiché sur la face avant du flacon peut peu renseigner les consommateurs sur la dose réelle de catéchines ou de stimulants qu’ils prennent. USDA ODS DSID — Compléments de thé vert.

Absorption, moment de prise avec les repas et pourquoi « mieux absorbé » n’est pas automatiquement mieux

L’une des nuances les plus utiles sur ce sujet est que prendre l’EGCG avec de la nourriture peut réduire nettement sa biodisponibilité orale. En théorie, cela pourrait rendre la prise à jeun séduisante pour les personnes qui cherchent une absorption maximale. Mais c’est un bon exemple de situation où la logique pharmacocinétique et la sécurité du consommateur ne vont pas dans le même sens. PubMed 2016 — Biodisponibilité de l’EGCG avec les aliments.

La réglementation européenne exige désormais que les étiquettes des aliments contenant de l’extrait de thé vert avertissent de ne pas consommer le produit à jeun, ce qui reflète la crainte qu’une exposition plus importante en bolus puisse contribuer à un stress hépatique. Cela signifie qu’un consommateur ne peut pas simplement supposer qu’une absorption plus élevée est préférable. Pour l’extrait de thé vert, la bonne question n’est pas seulement de savoir combien d’EGCG est absorbé, mais aussi si la formulation et le schéma de prise augmentent le risque plus vite qu’ils n’améliorent un éventuel bénéfice. Règlement 2022/2340 (EUR-Lex) — Règles relatives à l’extrait de thé vert; Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert.

Le signal de bénéfice le plus net est un soutien cardiométabolique modeste

Parmi les nombreuses allégations avancées pour l’extrait de thé vert, la baisse du cholestérol est l’un des résultats les plus nets et les plus reproductibles dans les essais chez l’humain. Les données issues de méta-analyses montrent des réductions modestes du cholestérol total et du cholestérol LDL, tandis que le HDL change généralement peu et que les triglycérides ne montrent pas de baisse globale clairement significative. Ce sont des effets mesurables, mais ils restent bien plus faibles que ce qu’on attend normalement d’un traitement hypolipémiant sur ordonnance. Nutrition Journal 2020 — Méta-analyse sur les lipides; NCCIH — Thé vert.

Les données sur la pression artérielle s’inscrivent dans le même tableau général. Une méta-analyse de 2025 a trouvé des réductions moyennes de la pression systolique et diastolique d’un peu plus de 1 mmHg, ce qui va dans le sens d’un soutien cardiométabolique léger et complémentaire plutôt que d’un effet de traitement principal. Pris ensemble, les résultats sur les lipides et la pression artérielle rendent l’extrait de thé vert plus crédible comme complément d’appoint modeste que comme intervention majeure. PubMed 2025 — Méta-analyse sur la pression artérielle; Nutrition Journal 2020 — Méta-analyse sur les lipides.

Le marketing de la perte de poids va plus vite que les données

L’extrait de thé vert est souvent vendu comme un brûle-graisses, mais les données les plus solides ne soutiennent pas cette présentation. Cochrane a trouvé des effets très faibles et non significatifs sur le plan statistique sur la perte de poids chez des adultes en surpoids ou obèses, et aucun effet pertinent sur le maintien du poids après un régime. C’est un correctif important face au langage publicitaire qui laisse entendre que cet ingrédient a, à lui seul, un effet amincissant substantiel en conditions réelles. Revue Cochrane — Thé vert pour la perte de poids.

Les données dose-réponse plus récentes sont un peu plus positives, mais restent limitées. La méta-analyse de 2024 a trouvé de petites réductions moyennes de l’IMC et du pourcentage de masse grasse, tandis que le tour de taille et la masse grasse n’étaient pas globalement modifiés de façon significative. Les auteurs eux-mêmes ont qualifié les bénéfices de cliniquement faibles, ce qui transmet un message très différent des allégations spectaculaires de perte de graisse destinées aux consommateurs. British Journal of Nutrition 2024 — Méta-analyse sur la composition corporelle.

Le contrôle glycémique est contrasté, et la prévention du cancer reste non prouvée

L’histoire du contrôle glycémique est plus spécifique à certaines populations que ne le suggère habituellement le marketing général des compléments. Chez des adultes à risque de diabète de type 2, une méta-analyse plus ancienne n’a trouvé aucune amélioration significative de la glycémie à jeun, de l’insuline à jeun, de l’HbA1c ou de la résistance à l’insuline. À l’inverse, une méta-analyse de 2024 chez des personnes ayant un diabète de type 2 diagnostiqué a rapporté des améliorations de la glycémie à jeun, de l’HbA1c et de la résistance à l’insuline. La lecture la plus juste n’est donc pas de dire que l’extrait de thé vert fonctionne ou ne fonctionne pas pour le contrôle de la glycémie en général, mais que ses effets semblent contrastés et dépendants du contexte. PubMed 2013 — Méta-analyse sur le contrôle glycémique; PMC 2024 — Méta-analyse sur le diabète de type 2.

Les allégations de prévention du cancer sont encore plus faibles. Une grande revue Cochrane couvrant 142 études et plus de 1,1 million de participants n’a pas établi de bénéfice préventif fiable, et les signaux selon les localisations étaient incohérents et de faible certitude. C’est un bon rappel que la réputation d’antioxydant et l’usage traditionnel ne sont pas la même chose qu’une efficacité moderne prouvée pour prévenir les maladies. Revue Cochrane — Thé vert pour la prévention du cancer; NCCIH — Thé vert.

La principale distinction pratique est la sécurité : l’extrait n’est pas la même chose que le thé

Les données de sécurité distinguent à plusieurs reprises le thé vert infusé ordinaire des extraits oraux concentrés. Une revue systématique de 159 études d’intervention chez l’humain a relié les effets indésirables hépatiques principalement à un nombre limité de préparations concentrées, riches en catéchines, prises en une seule dose importante, alors que le thé infusé ainsi que les boissons et aliments contenant de l’extrait ne montraient pas le même schéma. LiverTox va plus loin et décrit l’extrait de thé vert comme une cause bien établie d’atteinte hépatique cliniquement apparente, souvent avec un début dans les 1 à 6 mois et une possible récidive après une nouvelle exposition. PubMed 2018 — Revue systématique sur la sécurité; LiverTox — Thé vert.

Les interactions médicamenteuses ajoutent un niveau supplémentaire de prudence. Une revue de 2024 a rapporté une diminution de l’exposition systémique de plusieurs médicaments après la consommation de thé vert, notamment l’atorvastatine, la digoxine, la fexofénadine, l’acide folique, le lisinopril, le nadolol, le nintédanib, le raloxifène et la rosuvastatine. Le NCCIH met en avant en particulier le nadolol, l’atorvastatine et le raloxifène. Pour les personnes qui prennent des médicaments, cela signifie que l’extrait de thé vert ne doit pas être considéré comme un simple antioxydant anodin qui ne nécessite jamais de vérification des interactions. PubMed 2024 — Revue sur les interactions médicamenteuses du thé vert; NCCIH — Thé vert.

Les données de posologie sont incohérentes, donc l’EGCG est le repère de sécurité le plus utile

Il n’existe pas de dose unique fondée sur les preuves pour les consommateurs, car les essais cliniques ont utilisé des préparations et des normes de présentation très différentes. Dans les essais sur les lipides, l’apport en catéchines allait d’environ 80 à 2 488,7 mg/jour, avec une médiane d’environ 630,9 mg/jour, tandis que de nombreuses études sur la composition corporelle utilisaient de quelques centaines de mg à environ 1 000 mg/jour d’extrait. Des doses plus élevées n’ont pas donné de façon fiable de résultats nettement meilleurs, ce qui explique en partie pourquoi la littérature ne permet pas de formuler une recommandation simple sur la meilleure dose. Nutrition Journal 2020 — Lipid Meta-analysis; British Journal of Nutrition 2024 — Body Composition Meta-analysis.

Pour la sécurité, le chiffre le plus utile est la quantité d’EGCG plutôt que le poids total d’extrait. L’EFSA a identifié un signal sur les enzymes hépatiques à des apports provenant de compléments de 800 mg d’EGCG/jour ou plus, et le droit de l’UE exige désormais que les produits restent sous ce seuil et portent des avertissements. Une revue toxicologique distincte a proposé un apport maximal plus prudent de 300 mg d’EGCG/jour ; ce n’est pas la limite légale actuelle dans l’UE, mais cela peut être utile pour les lecteurs prudents. Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert; Règlement 2022/2340 (EUR-Lex) — Règles relatives à l’extrait de thé vert; PubMed 2017 — Revue sur l’apport maximal d’EGCG.

Statut réglementaire (UE et États-Unis)

Union européenne

Dans l’UE, les extraits de thé vert contenant de l’EGCG sont soumis à des restrictions explicites axées sur la sécurité. Le règlement 2022/2340 exige que la portion quotidienne d’aliment contienne moins de 800 mg d’EGCG et que les étiquettes indiquent le nombre maximal de portions par jour, avertissent les consommateurs de ne pas consommer 800 mg d’EGCG ou plus par jour, et précisent que le produit ne doit pas être consommé à jeun. Ce cadre reflète les préoccupations de l’EFSA concernant une toxicité hépatique liée à la dose due à une exposition concentrée aux catéchines. Règlement 2022/2340 (EUR-Lex) — Règles relatives à l’extrait de thé vert; Avis scientifique de l’EFSA sur les catéchines du thé vert.

États-Unis

Aux États-Unis, l’extrait oral de thé vert est généralement vendu dans le cadre réglementaire des compléments alimentaires. Les fabricants sont responsables de la sécurité et de l’exactitude de l’étiquetage avant la commercialisation, tandis que le contrôle de la FDA intervient surtout après la mise sur le marché plutôt que sous la forme d’une approbation préalable de l’efficacité. Il existe bien un produit à base de thé vert approuvé par la FDA, mais il s’agit d’un médicament topique sur ordonnance contre les verrues génitales et périanales, et non d’un complément oral. Le fait qu’un produit soit légalement disponible ne signifie donc pas qu’il soit approuvé par la FDA comme efficace pour la perte de poids, le cholestérol ou d’autres allégations courantes des compléments. FDA — Compléments alimentaires; NCCIH — Thé vert.

Posologie et standardisation

Études : Les apports en catéchines allaient d’environ 80 à 2 488,7 mg/jour, avec une médiane d’environ 630,9 mg/jour ; de nombreux essais sur la composition corporelle utilisaient de quelques centaines de mg à environ 1 000 mg/jour.
Sécurité : L’EFSA a identifié un signal sur les enzymes hépatiques à partir de 800 mg d’EGCG/jour, et les règles de l’UE exigent que les produits restent sous ce seuil et portent un avertissement contre la prise à jeun.

Sécurité et interactions

Risque hépatique : Des gélules et comprimés concentrés riches en catéchines ont été liés à des atteintes hépatiques peu fréquentes mais bien réelles, généralement selon un profil hépatocellulaire. Le début signalé survient souvent dans les 1 à 6 mois, et une récidive peut survenir après une nouvelle exposition. Toute personne qui développe une fatigue, des nausées, des urines foncées, des démangeaisons, une jaunisse ou une douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen pendant l’utilisation d’extrait de thé vert doit arrêter et consulter rapidement un médecin. LiverTox — Thé vert; PubMed 2018 — Revue systématique sur la sécurité.

Effets secondaires courants : Les essais rapportent le plus souvent des nausées légères à modérées, un inconfort abdominal, la constipation, ainsi que de la nervosité liée à la caféine ou des troubles du sommeil, selon la teneur du produit en caféine. Prendre un extrait concentré en une seule dose importante ou à jeun n’est peut-être pas judicieux du point de vue de la tolérance et de la sécurité hépatique. Revue Cochrane — Thé vert pour la perte de poids; NCCIH — Thé vert; Règlement 2022/2340 (EUR-Lex) — Règles relatives à l’extrait de thé vert.

Interactions : Il a été signalé que la consommation de thé vert réduisait l’exposition à plusieurs médicaments, notamment l’atorvastatine, la digoxine, la fexofénadine, l’acide folique, le lisinopril, le nadolol, le nintédanib, le raloxifène et la rosuvastatine. Une prudence accrue s’impose chez les personnes atteintes d’une maladie du foie, celles qui prennent des médicaments sur ordonnance et celles qui utilisent déjà plusieurs compléments stimulants. PubMed 2024 — Revue sur les interactions médicamenteuses du thé vert; NCCIH — Thé vert.

Conclusion

L’extrait de thé vert est un complément crédible mais souvent surestimé. Ses bénéfices chez l’humain les mieux étayés sont des réductions modestes du cholestérol total et du cholestérol LDL, avec des effets plus faibles et moins fiables sur la pression artérielle, la composition corporelle et le contrôle de la glycémie. Les allégations d’effet brûle-graisses spectaculaire et de prévention du cancer ne sont pas étayées par les données actuelles.

Le message pratique le plus important concerne le contexte et la prudence. Le thé vert infusé et l’extrait concentré ne sont pas interchangeables, le contenu des produits varie fortement, et le principal risque des compléments oraux est une atteinte hépatique rare mais réelle, surtout avec les produits plus riches en EGCG. Dans l’ensemble, l’extrait de thé vert peut avoir sa place comme complément d’appoint modeste, choisi avec soin, mais il ne remplace ni l’alimentation, ni l’exercice, ni les soins médicaux.

Avertissement

Avertissement : nous faisons de notre mieux pour trouver des informations pertinentes, exactes et aussi à jour que possible, tant dans le domaine public que dans la recherche clinique et médicale. Nous recommandons de consulter les sources scientifiques pour obtenir des informations officielles sur le sujet. Cet article ne constitue pas un avis médical. L’état de santé varie d’une personne à l’autre, et nous conseillons de consulter un médecin avant de prendre des compléments.